Traces 229 – « Arts, C’est l’or » (Vient de paraître)


Édito

Tout est bon dans le cochon : surtout l’art !

Dans ce numéro de TRACeS, pas d’art cochon, mais un solide article qui se penche sur la place du corps au cours et sur la posture du prof d’art.

Pour certains, faire de l’art en classe, ce n’est pas
de la tarte, comme un grand écart par rapport aux apprentissages dits plus fondamentaux dans un pro- gramme déjà bien gras. Pas d’temps, pas de place, pas formé ; en plus, ça fait des crasses.
L’art ce n’est pas que pour faire joli, ce n’est pas que pour se détendre ou se pencher sur son nombril.

C’est surtout expérimenter, reproduire, associer, transformer, lever des obstacles techniques, se frotter à un patrimoine culturel, analyser des choix plastiques, distinguer l’observation du jugement, assembler ce qui parait étranger, accepter les ratés…

Comme pour une démarche en éveil ou en mathématiques, le dispositif doit être créé ou aménagé avec des objectifs d’apprentissages définis, une démarche structurée en étapes, un temps d’évaluation.
Alors oui, il faut bricoler avec les contraintes de temps, d’espace, de financement, mais l’éducation artistique c’est une des missions de l’école, laisser cette part au domaine privé c’est renforcer les inégalités.

Dans ce numéro, des articles de profs ou de spécialistes qui prennent le risque de se lancer dans l’expérimentation artistique, avec une priorité au faire ensemble. Des profs qui prennent leur part, des artistes qui entrent dans les écoles, des élèves qui sortent dans le quartier et hors du quartier.

Différents projets avec chaque fois, en toile de fond, des occasions de pratiquer la langue dans des situations riches et vraies, l’occasion de s’organiser, de répartir les tâches, de faire des choix, de prendre des décisions, d’articuler les particularités.
Des expressions qui ont l’air artificielles rebuteront peut-être quelques professionnels des apprentissages, comme redorer son image, reprendre confiance en soi, faire ensemble, partager ses ressentis. Un vocabulaire spécifique qui peut faire rempart, mais ni plus ni moins que celui des sociologues. Entre arts barbouillages et projets artistiques qui font sens, il y a de la marge.

Petite parenthèse, les illustrations de ce numéro ont été produites dans un SAS (Service d’Accrochage Scolaire) par des jeunes mis à l’écart, à part du système scolaire, dans une structure où l’art a sa part dans la plupart des activités.
Pour ceux qui n’aiment vraiment pas l’art, il y a des rubriques à la suite de ce dossier, dont une petite nouvelle « Sois poli(tique) et tais-toi ». Ou articule !

229 – Comité de rédaction

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