Histoire / mémoire des tziganes

Une expo à voir à Paris
(Musée national de l’immigration – Palais de Porte Dorée –
293, avenue Daumesnil – 75012 Paris
(Transports en commun : En métro : station Porte Dorée (ligne 8) – En bus : 46 – En tramway : ligne T3)

ou à découvrir le site du musée

Photographier les Manouches, les Kalé et les Roms, ceux que les autres, les Gadjé, appellent les Romanichels, les Gitans et les Tsiganes, relève de l’évidence et de l’impossible. Leur présence capte depuis toujours l’attention des artistes et des reporters. À la croisée des routes et aux coins des rues, les photographes ont reproduit à l’infini les préjugés qui s’attachent à ces populations. Citoyens de France ou d’autres pays, ils restent sans cesse perçus comme étrangers.

Par la photographie, journalistes, savants et experts tentèrent de cerner l’identité réputée insaisissable de cette “nation errante”. Les politiques d’État inventèrent d’immenses fichiers d’images conçues pour fixer et contrôler ceux que personne ne voulait accueillir. Ces traces photographiques témoignent toutefois des effets douloureux d’une persécution, encore amplifiée durant les guerres mondiales.

Jacques Léonard, Indalencio et La Anika, la veille de la Saint-Jean à la Bodéga © Jacques Léonard, archives famille Jacques Léonard

Mais, avec le temps, d’autres regards s’attachent aux multiples trajectoires familiales et aux destins personnels. Loin des clichés et des stéréotypes réducteurs, les images reflètent une rencontre entre un photographe et son sujet.  Elles laissent percevoir une autre histoire. Des sujets surgissent, saisis dans leur vie quotidienne, sur différents territoires. Les visages s’imposent au singulier sur les images de leur vie.

Cette exposition révèle la complexité et la variété des regards photographiques et montre la fabrique visuelle qui a contribué à forger l’image des Roms et des Gens du Voyage. Elle interroge ainsi nos sociétés dans leur capacité à vivre avec ceux qui incarnent un éternel ailleurs.