Dialogue N°166 « Multilinguisme »


Dialogue 166 LIEN « plurilinguisme« 

 

Est-il bien tolérable, dans le monde actuel, que nos pratiques langagières, dans l’Éducation Nouvelle comme dans l’éducation en général, restent monolingues, et globalement, chez nous, franco-françaises ?

Le précédent cahier sur la Bolivie a mis les pieds dans le plat : pas d’émancipation des peuples, des groupes sociaux ni des personnes sans reconquête et récupération de leurs droits et pouvoirs linguistiques. C’est sur cette interprétation de l’auto-socio-construction que s’invente l’Éducation Nouvelle d’un pays engagé dans un projet d’émancipation collective.

Avec ce nouveau cahier nous renchérissons. Nous l’avons voulu plurilingue pour que le lecteur se confronte pour de bon à la question. Avec les quelques aides que nous y suggérons, nous espérons susciter une curiosité active pour une autre formulation des idées, et don- ner un aperçu des enjeux pour nous-mêmes de leur présence vivante au sein de nos groupes.

Les articles nous rappellent que toute langue dite étrangère est la langue maternelle de quelqu’un, et qu’être coupé de sa langue quand on pense et agit avec les autres a nécessairement des effets qu’il faut interroger. C’est un débat profondément politique, celui de l’inclusion de toutes et tous dans le processus collectif de production de pensée, avec et grâce à leur pensée propre. Et le bénéfice peut être réciproque. L’expérience montre que le ralentissement du raisonnement, dû à la prise en compte de plusieurs langues au lieu d’une seule, apporte de l’approfondissement. Nourri par le désir de se comprendre et d’agir ensemble, le dialogue multilingue crée en retour sensibilité, compréhension nouvelle et cohésion et facilite même les apprentissages.

Dans cet esprit, on ne peut se contenter des solutions ordinaires (délégation de pouvoir au traducteur) que procure une mentalité collective restée monolingue. Des outils transformateurs existent et s’expérimentent, ouvrant sur de nouvelles conceptions théoriques de l’apprentissage. Au LIEN, nous nous en inspirons, nous inventons les nôtres. Il s’agit de former- transformer des maîtres, des éducateurs, des citoyens, capables de se libérer eux-mêmes des interdits et de leurs peurs.

Dans cet esprit, on ne peut se contenter des solutions ordinaires (délégation de pouvoir au traducteur) que procure une mentalité collective restée monolingue. Des outils transforma- teurs existent et s’expérimentent, ouvrant sur de nouvelles conceptions théoriques de l’apprentissage. Au LIEN, nous nous en inspirons, nous inventons les nôtres. Il s’agit de former- transformer des maîtres, des éducateurs, des citoyens, capables de se libérer eux-mêmes des interdits et de leurs peurs.

Joëlle Cordesse (GFEN), Melanie Noesen (GLEN)