« Les albums du Père Castor » entrent au patrimoine mondial de l’Unesco


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« Les albums du Père Castor » viennent d’entrer au patrimoine mondial de l’Unesco. Ils sont à présent inscrit dans le registre « Mémoire du monde », aux côtés de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, de l’appel du 18 juin ou encore des films des frères Lumière.

Roule-galette, Mischka, Apoutsiak le flocon de neige, Perlette Goutte d’eau ou encore Poule Rousse… ce sont aujourd’hui des classiques de la littérature jeunesse. La maison d’édition a été fondée en 1931 au sein des éditions Flammarion, où l’éditeur Paul Faucher a conçu un projet éditorial pédagogique et esthétique s’adressant directement aux enfants.

Grâce aux archives de France Culture, revisitez l’histoire des albums du Père Castor. Le 17 mars 2015, Catherine de Coppet et Anne Fleury, dans la Fabrique de l’Histoire, consacraient un documentaire aux débuts de cette collection :

Le succès a été immédiat. Dès les années 1930, on trouve des rééditions des premiers albums » (Céline Rousseau)

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François Faucher (1932-2015) :

Une si belle vie à faire découvrir des pionniers de l’éducation nouvelle.

par Colette Charlet

Qui savait, au sein de notre mouvement, que cet homme, François Faucher, décédé le 30 Octobre 2015 avait consacré sa vie à faire connaître à la fois l’œuvre de son père Paul Faucher (dit Père Castor) dans le champ de la littérature jeunesse, mais aussi celles de grands pédagogues tchèques.

František Bakulé(1877-1957) et Ladislav Havránek(1884-1961), Lida Durdikova sa mère furent des pionniers de l’éducation nouvelle de l’entre-deux et après guerre. Paul Faucher, ce père, participera aussi à la fondation du BIE (Bureau International de l’Éducation) à Genève.
Nous avons ignoré tout ce travail, jusqu’à ce que Marie Rist collaboratrice de Paul Faucher et de François Faucher son ami, ne nous le dévoile à la fin des années 70, au sein de la région Ile de France,elle qui fut directrice de l’Ecole Nouvelle d’Antony.
C’est ainsi que sortirent de l’ombre des travaux, des conférences de ces pionniers comme Bakulé et Havránek.
Retour sur le passé : Successions de rencontres, hasards heureux qui se firent lors des conférences des Congrès Internationaux de l’Éducation Nouvelle dès 1921. Paul Faucher la découvrit en 1924 et ne cessa de s’impliquer, s’enrichissant de ces échanges internationaux culturels et éducatifs.

Le-Pere-Castor-bientot-a-l-Unesco-2-b752cEn 1931, c’est la fondation de l’Atelier du Père Castor, de la maison d’édition d’albums jeunesse, avec celle qui devint sa femme Lida Durdikova jusqu’à sa mort en 1967. François Faucher en prit la direction jusqu’en 1996.A son départ à la retraite, il créa l’Association des Amis du Père Castor afin de faire connaître ce patrimoine, « de continuer à donner à chaque enfant l’envie de grandir et entreprendre avec enthousiasme ». C’est ainsi que fut créée la Médiathèque Intercommunale de Mieuzac, en Hte-Vienne qui conserve les Archives précieuses des éditions du Père Castor et des écrits des pionniers cités plus haut. C’est en ce lieu que s’était repliée l’équipe éditant les livres durant la guerre.
Ces dix dernières années, les Amis du Père Castor ont tenu à publier des écrits de Bakulé et Havránek, car des chercheurs s’intéressent à leur œuvre alors que ces pionniers ont longtemps été ignorés, mis à l’écart dans leur pays. Alors que nous ont-ils légué ?
František Bakulé ne pouvant plus innover dans l’école publique choisit de devenir éducateur d’enfants handicapés auxquels il rendra fierté et dignité et pratiquera une coéducation entre ses élèves et les mutilés de guerre. Ses innovations éducatives en direction des enfants défavorisés et ou handicapés tout comme Korczak en sa maison d’enfants Dom Sierot font qu’il sera reconnu comme un pionnier de l’éducation nouvelle lors des conférences internationales comme à Heidelberg en Août 1925, ou à Paris en 1947 etc… François Faucher en témoignera dans le livre : « František Bakulé L’enfant terrible de la pédagogie tchèque » PUF – 1998.
Quant à Ladislav Havránek, lui aussi éducateur, Paul Faucher dira de lui en 1937, qu’il « a consacré à édifier une pédagogie fondée sur les besoins et pouvoirs réels des enfants. Il a conduit ses recherches avec une liberté d’esprit et une fermeté de pensée admirables… »
Ces histoires via Paul, Lida et François Faucher ouvrent encore de nouveaux chemins pour enrichir nos pratiques. Qu’ils en soient profondément remerciés.
Colette Charlet

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